Relativement discret, Precious est le nouveau film de Lee Daniels inspiré du roman de Sapphire « Push ». Clareece ‘Precious’ Jones est une jeune adolescente de 16 ans qui a été violée toute au long de son enfance et adolescence par son père et battue par sa mère. Enceinte de son deuxième enfant et se fait expulser de son école et s’inscrit dans une école alternative où elle va apprendre à lire et à écrire. Grâce à l’écriture, elle va réussir à parler de sa vie et se libérer de ses fardeaux.
Avec Precious, je m’attendais à tout mais pas vraiment à ça. Avec un pitch aussi dramatique, il aurait été plus que facile de tomber dans un drame social larmoyant et laisser le spectateur s’apitoyer sur la vie de Clareece à tout va ou sortir du cinéma complètement déprimé… Mais la force de Precious, c’est bien de dépasser tout ça.
Lee Daniels nous livre un film émouvant sur des sujets difficiles à aborder comme l’inceste mais ne tombe pas dans le pur pathos. On rit et on sourit assez fréquemment pendant ce film alors que ces scènes sur la vie rêvée de Precious ne sont qu’un refuge quand sa vie dérape, ce n’est pas si drôle que ça quand on y pense vraiment. L’ombre menaçante du père plane sur tout le film alors qu’on l’aperçoit à peine dans un souvenir. Sans être présent une seule fois il est pourtant dans les esprits de tous, spectateurs et personnages. Je ne connaissais pas du tout Lee Daniels et pourtant je trouve qu’il réussi une petite prouesse avec ce film magnifique.

Pour la première fois à l’écran, on découvre Gabourey Sidibe (Precious) qui est d’une justesse et d’une finesse incroyable quand elle incarne son rôle. Quel dommage que Sandra Bullock ai raflé l’Oscar du meilleur premier rôle féminin. Mo’Nique (qui incarne la mère de Precious) a quand à elle reçu l’Oscar du meilleur second rôle féminin et elle ne l’a pas volé. Elle aussi est vraiment extraordinaire dans un rôle difficile à porter. Le casting est excellent du premier rôle au plus secondaire. Ils sont tous impressionnants et sans aucune fausse note.

Alors, si j’ai un conseil à vous donner : ne vous laissez pas berner par des têtes d’affiches où l’on voit apparaître les noms de Mariah Carrey (méconnaissable) ou de Lenny Kravitz, ce n’est pas un film à deux balles pour midinette ou un mélo raté à coup de star de la chanson. Tous deux ont des rôles très secondaires même si, je dois bien l’avouer, ils sont tous les deux très justes dans leur interprétation. Si ça c’est n’est pas savoir diriger des acteurs… Chapeau bas.

En bref : un film excellent qui vous arrachera les tripes par moment, vous fera sourire par d’autre mais ne laissera personne indifférent. Du grand et du beau film ! À voir absolument. Mon prochain achat de livre ne sera pas très difficile au niveau du choix : Into the Wild et Push seront sur la liste. L’un comme l’autre ont été superbement adapté au cinéma, il faut donc que je les lise. 19,5/20 (juste pour ne pas mettre 20)
Images (c) ARP Sélection : (1) Affiche française ; (2) Gabourey Sidibe ; (3) Mo’Nique ; (4) Mariah Carrey & Gabourey Sidibe





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