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The Jane Doe Identity, l’horreur à la morgue

Quand le ridicule atteint des sommets, on traduit les noms de films au petit bonheur la chance, mais toujours dans la langue de Shakespeare pour garder un petit « je ne sais quoi » d’Hollywood. C’est comme cela qu’on se retrouve avec The Jane Doe Identity (soit : l’identité de Jane Doe / Madame X) à la place du (bien plus complexe) The autopsy of Jane Doe (l’autopsie de Jane Doe / Madame X).

Pour une fois, The Jane Doe Identity est un titre qui fonctionne presque aussi bien que The Autopsy of Jane Doe. Mais pourquoi donc le traduire ? Nous n’aurons certainement jamais de réponse à cette question.

Bref, The Jane Doe Identity arrive sur nos écrans après avoir été présenté au Festival du Film Fantastique de Gérardmer en début d’année. Rencontre du 4ème type avec l’un des films les plus attendus du Festival Gérardmer 2017.

Quand la police leur amène le corps immaculé d’une Jane Doe (expression désignant une femme dont on ignore l’identité), Tommy Tilden (Brian Cox) et son fils, médecins-légistes, pensent que l’autopsie ne sera qu’une simple formalité. Au fur et à mesure de la nuit, ils ne cessent de découvrir des choses étranges et inquiétantes à l’intérieur du corps de la défunte. Alors qu’ils commencent à assembler les pièces d’un mystérieux puzzle, une force surnaturelle fait son apparition dans le crématorium…

Le cadavre qui fout la chair de poule

Quand le cadavre de Jane Doe arrive à la morgue, Austin Tinden (Emilie Hirsch , Into the Wild) décide de rester travailler aux côtés de son père… mauvais idée, très très mauvaise idée. Le pitch du film est relativement simple : un quasi huis clos familial au sous sol dans une morgue dont le personnage central est le corps intact et pourtant sans vie d’une jeune femme (Olwen Catherine Kelly).

Dès les premières minutes, le mystère règne sur les raisons de la mort de Jane Doe et cela ne va pas aller en s’arrangeant. Prétexte simple et efficace à la formation du fiston, l’autopsie sert de cas d’étude médical tant pour le spectateur que pour le médecin en herbe : résoudre l’énigme de ce corps, et il y en aura bien plus d’une.

La tension monte dès les premières incisions au scalpel et des phénomènes étranges chamboules la partie. Du moins, c’est l’effet attendu.

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La froideur nordique

André Øvredal, réalisateur norvégien, nous livre un film d’horreur (un thriller fantastique plutôt) à l’image de l’esthétique nordique. Méticuleusement détaché, froid et précis, The Jane Doe Identity ne va pas ménager vos nerfs et vos pupilles pour peu que vous soyez une peu frileux sur le sang et l’exposition d’organes sans tomber pour autant dans l’excès grotesques de tripes à gogo. Le film nous vend une autopsie… vous allez la voir.

C’est un aspect du film que j’ai beaucoup apprécié, l’esthétique est léchée et la photographie impeccable. Le fantastique prend son temps pour entrer en scène, laissant au spectateur le loisir de s’installer dans la routine du père et du fils, de se sentir à l’aise dans ces décors qui malgré tout, pourraient presque être familiers.

Une morgue dans une vieille maison un peu rétro, qui n’a rien de lugubre, tout de suite ça change la donne. Mais ça, ce n’est que le début.

Suspens sur le fil du scalpel

Etrangement, je reconnais pas mal de qualités à ce film et pourtant, je n’arrive pas à accrocher vraiment. Servi par un casting impeccable, avec une mention spéciale pour Olwen Catherine Kelly qui a certainement un des rôles les plus compliqués, The Jane Doe Identity a tous les ingrédients pour plaire aux fanas du genre thriller fantastique.

Gerardmer Jane Doe Identity

Je ne me suis pas ennuyée une seconde, tant la précision chirurgicale du film est au petit oignons à osciller toujours entre calme et tempête, mais j’ai plutôt était entraînée par une léthargie contemplative. Même si scénario m’a intrigué dès les premiers instants, assez original et bien mené, mon intérêt n’a pas été piqué au vif.

Autopsie d’un thriller fantastique

Pas assez captivant pour moi, il y a un je ne sais quoi qui ne m’a pas complètement convaincue. Je ne m’attendais pas à frissonner ou sursauter (ça fait bien longtemps que j’ai fait une croix là dessus), mais je suis notamment restée un peu sur ma faim… à la fin.

Pour l’instant, je n’arrive pas à mettre le doigt sur ce qui m’a précisément dérangé dans ce film. En bref, je l’ai apprécié, mais pas plus que ça. Loin d’être un navet, il n’atteint pas non plus le palmarès des films fantastiques qui déboîtent.

critique-6sur10

The Jane Doe Identity (The Jane Doe Autopsy)
Sortie : mai 2017
Réalisateur : André Øvredal
Casting : Emile Hirsh, Brian Cox, Ophelia Lovibond, Olwen Catherine Kelly

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