La Bouquinerie

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux, Thomas Vinau

S’il est des lectures qui ne laissent pas de marbre, « Nos cheveux blanchiront avec nos yeux » en est très certainement de celles-là. Thomas Vinau (un petit frenchy, il assez rare que je lise des auteurs contemporain français pour le noter) signe avec ce roman athypique son tout premier roman.

Entre journal presque intime et poésie, « Nos cheveux blanchiront avec nos yeux » est d’une douceur mélancolique et affective parfaitement touchante. Ce « journal » retrace la vie d’un homme à travers son voyage et sa recherche du bonheur.

Si vous cherchez une lecture joyeuse, je vous conseillerai d’attendre un peu, néanmoins, c’est un très joli livre (que j’ai du mal à qualifier de roman) qui mérite d’être lu. Cet ouvrage est une myriade de courts textes que l’on peut relir, par-ci par là, avec plaisir. ;

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux, Thomas Vinau, Editions 10-18

La Bouquinerie

La valse des gueules cassées, Guillaume Prévost

Prenez un tout jeune inspecteur revenu de la guerre et des tranchées. Mettez-le au côté d’un cador du métier et confiez-lui une affaire brûlante (non, pas celle de Landru qui fait rage au même moment, il ne faut pas pousser le bouchon tout de même) et vous obtenez La Valse des gueules cassées de Guillaume Prévost.

François-Claudius est le bras droit de l’inspecteur en chef Robineau pour démasquer le coupable de meurtres étranges. Les cadavres retrouvés ont été totalement défigurés, tels des gueules cassées…

Je me suis retrouvée à lire La Valse des gueules cassées un peu par hasard. Ne connaissant pas non plus l’auteur, je ne m’attendais à rien de précis. En général, j’évite les polars qui tournent plus ou moins autour d’histoires de guerre (plutôt de loin ici), question de goût, bien sûr.

Un roman policier qui a de la gueule

Toujours est-il que La Valse des gueules cassées est un bon petit roman policier. Pas exceptionnel, on ne s’en souviendra pas des années plus tard, mais je l’ai lu et j’ai découvert Guillaume Prévost avec beaucoup de plaisir.

L’enquête nous mène à travers la France d’après guerre (plus particulièrement Paris et St Ouen) dont tous les personnages sont marqués à leur manière. Ce qu’on apprécie le plus dans un roman policier, c’est en général le dénouement qui ne met personne d’accord. Pour ma part, je l’ai trouvé plutôt moyen mais il n’entache en rien les bons côté de ce roman.

L’écriture est fluide, les personnages (surtout François-Claudius Simon, le personnage principal en charge de l’enquête) sont attachants et on se plaira certainement à en retrouver dans la suite de leurs aventures. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Une enquête ne suffit pas à façonner un inspecteur en herbe, François sera donc de retour dans le Bal des équarrisseurs (dans ma pile à lire !) que je lirais surement avec plaisir.

critique-7sur10

La Bouquinerie

Après avoir fini La Route j’ai eu pour mission de me trouver un nouveau livre de métro/transilien (format poche et pas trop gros) pour passer le temps de manière efficace. Je l’avais déjà vu sur le site internet de 10/18 et il m’a fait de l’oeil en magasin. Alors du haut de ses 347 pages je l’ai attrapé et je ne l’ai plus lâché !

L’histoire
« « Peu importe en quoi vous croyez, le fukú, lui croit en vous. » Le fukú, c’est la malédiction qui frappe la famille d’Oscar, une très ancienne légende dominicaine. Oscar, lui, rêve de mondes fantastiques, s’imagine en Casanova ou Tolkien… au lieu de quoi il grandit au fond de sa classe et de son New Jersey, binoclard fou de SF, obèse et solitaire. Ses seuls superpouvoirs sont ses voyages dans l’histoire de sa famille. Nourrie des destins de ses aïeux brisés par la torture, la prison, et l’exil, la vie d’Oscar s’écrit, fulgurante et désastreuse. Et rejoint la grande Histoire, celle de la dictature de Trujillo, de la diaspora dominicaine aux États-Unis, des promesses avortées du rêve américain. » (Source 10/18)

Caviar ou navet ?
Au début, j’étais perplexe. Des notes de bas de pages à foison et une entrée en matière très historique. J’avais peur, il faut bien le dire, de me retrouver dans un de ses bouquins chiant dont le seul attrait est la 4ème de couverture. Puis, finalement, après une ou deux notes de bas de page tintées d’un humour non dissimulé et après avoir passer la courte leçon d’Histoire de la République Dominicaine on se laisse complètement happer par la vie d’Oscar.

Oscar, c’est un de ses personnages qu’on aime même s’il est totalement en dehors de la réalité. Oscar m’a un peu fait penser à Ignatius Reilly (La conjuration des imbéciles) : à la fois détestable et héroïque à sa façon. Ce roman est truffé de références à la culture geek et SF (de Tolkien à Akira en passant par Doctor Who et bien d’autres) et je suis sûre d’en avoir loupé pas mal… Oscar et moi, on est pas de la même époque et pourtant on a des référence commune.

C’est donc avec plaisir que l’on se trimballe au coeur de l’arbre généalogique d’Oscar pour comprendre quel fukú (malédiction) a touché toutes les générations de sa famille. On se ballade dans l’Histoire qui – racontée par Oscar – prend une dimension bien différente des livres d’école.

J’ai aimé, un peu, beaucoup, mais pas passionnément. Il ne m’a pas émerveillé mais pourtant je l’ai dévoré. Un petit plaisir qui se lit tout seul. 16/20. Prix Pulizer 2008.

La Bouquinerie

Je n’aurais probablement jamais lu ce bouquin si une bonne âme charitable ne me l’avait pas prêtée alors qu’une autre me l’avait conseillé peu auparavant… (merci à vous deux, j’ai passé de bons moments dans les transports parisiens, à rire toute seule comme une… imbécile).

Ce roman met en scène un être extraordinaire (au premier sens du terme) complètement déconnecté de la réalité, mais assez tordant, il faut bien l’avouer.

Un énergumène qu’on ne voudrait pour rien au monde avoir à côtoyer : Ignatius J. Reilly. Le nom est déjà tordu, mais il est loin de refléter complètement le personnage.

Publié en 1980, ce roman est le fruit de John Kennedy Toole, qui se suicida en 1969 à 32 ans se croyant un écrivain raté alors qu’en 1981 il reçoit le prix Pulitzer.

En bref, je vous le conseil, c’est un très bon roman. Au final, on relativise quand même pas mal les propres phénomènes que l’on peut avoir dans nos relations ! Même s’il n’est pas tout jeune, c’est un livre qui se lit très facilement et vous risquez même d’être tenté de parler le « Ignatius Reilly » pendant quelques temps. Comment va votre anneau pylorique  ?

John Kennedy Toole, La Conjuration des imbéciles, 10/18