La Bouquinerie

Roman – Le meilleur des mondes, Aldous Huxley

Il m’a fallu trouver ce livre sur une étagère de bouquiniste pour que je puisse enfin le lire. Pendant longtemps, Le Meilleur des mondes faisait partie de ma wishlist de livres à lire, parmi tant d’autres. Il se rappelait à ma bonne mémoire jusqu’au jour où il s’est trouvé devant moi, pages jaunies, forte odeur de poussière.

Je suis au moins sa troisième propriétaire après Frédéric L. lycéen de seconde 7, un lecteur de foire à tout à Rosny en 2008 et un joueur de Loto qui m’a laissé comme marque page une grille d’époque. Il y a fort à parier qu’il a eu bien d’autres vies puisque l’édition date de 1977. J’y laisserai certainement une trace avant de lui offrir une autre vie.

Des bébés en bouteilles pour un monde parfait

Ecrit en 1931 par l’anglais Aldous Huxley (qui aurait pu jouer dans Harry Potter avec un nom pareil) et édité en 1932, Le Meilleur des mondes n’a pas pris une ride en presque 85 ans. Le meilleur des mondes, c’est l’Angleterre des années 632 de Notre Ford. Vous l’aurez compris, un mix de dystopie et d’anticipation, où le monde est façonné dès la conception des enfants qui le peupleront.

De jolies cuves remplissent les étagères du Centre d’incubation et de conditionnement de Londres-Central, et dans ces cuves, des fœtus grandissent au rythme de la société. Une pincée de ceci, une once de cela.

Chaque enfant à une destinée bien précise et sera conditionné pour y répondre et aimer sa condition, qu’elle soit d’être un sous fifre sans ambition ou l’un des dirigeants du gouvernement : un véritable système de caste qui assure que tout se passera bien dans le meilleur des mondes.

Vous n’aimez pas cet article ? Prenez donc un demi Soma !

Personne ne remet rien en question, pas de soulèvement ou de grève. Ce faux paradis épicurien réduit au silence les moindres émotions négatives qui pourraient faire surface grâce à des petites pilules magiques appelées Soma.

Il n’y aura bien que John Le Sauvage, qui cite Shakespeare pour s’exprimer, pour avoir un regard critique sur cette société dans laquelle il n’a jamais vécu. Qu’on se le dise, nous sommes tous des sauvages en puissance dans le monde de Aldous Huxley.

Le Big Brother des éprouvettes

J’avoue humblement, que je ne savais pas bien dans quoi j’embarquais en ouvrant Le Meilleur des Monde, mais la dystopie et moi ça a toujours fait ménage. J’avais donc un très bon présentiment et il n’aura pas fallu plus de quelques pages pour comprendre que j’avais raison. Shakespeare n’a rien à voir là dedans – ceux qui me connaissent savent l’amour que je porte à William – même s’il rajoute un petit quelque chose d’indiscutablement savoureux !

Spoilers free, j’ai beaucoup aimé ce roman qui m’a à la fois révoltée (il ne faut pas avoir fait Saint Cyr pour se douter que c’est le but) et beaucoup amusée. Il faudra lire l’humour dans le second degré et l’incongruité de certaines situations qui leur donneront toute leur saveur. Ce qui est assez étonnant, c’est la force que peut encore avoir ce roman presque un siècle après son écriture. Il est encore et toujours d’actualité et il nous ouvre les portes de quelques réflexions existentielles.

En bref, un roman fort et poignant et toujours d’actualité qui nous pourra pas vous laisser indifférent !

Le Meilleur des mondes, Aldous Huxley, 285 pages, Editions Presse Pocket, 1977.

 

Le Meilleur des mondes, ma note

Note : trop de la balle

3 Comments

  1. Je suis super contente que ça t’ait plu! J’avais adoré moi aussi.
    J’ai adoré ta généalogie du bouquin. Mais comment tu as su pour le lecteur de brocante??
    <3

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