La Bouquinerie

Le livre sans nom, du mauvais Tarantino en roman

Les aventures de Bourbon Kid au pays des frères Winchester

Si je me suis décidée à acheter Le Livre sans nom, c’est bien à cause de sa réputation. On m’avait vanté ses mérites, ses travers tarantinesques et son originalité romanesque. Malheureusement, je n’y ai pas trouvé grand chose de tout cela. Pourtant, le mystère qui entoure(ait) ce roman lui conférait d’avance une aura toute particulière.

Son titre « Le Livre sans nom » mais surtout son auteur inconnu et anonyme fait le gros du boulot marketing. Ajoutons une pincette de loufoque, de science-fiction, de fantastique et quelques références de la pop culture pour amadouer le lecteur et l’affaire est dans le sac.

Santa Mondega, une ville d’Amérique du Sud oubliée du reste du monde, où sommeillent de terribles secrets… _ Un mystérieux tueur en série, qui assassine ceux qui ont eu la malchance de lire un énigmatique « livre sans nom »… _ La seule victime encore vivante du tueur, qui, après cinq ans de coma, se réveille, amnésique… Deux flics très spéciaux, un tueur à gages sosie d’Elvis Presley, des barons du crime, des moines férus d’arts martiaux, une pierre précieuse à la valeur inestimable, un massacre dans un monastère isolé, quelques clins d’œil à Seven et à The Ring… et voilà le thriller le plus rock’n’roll et le plus jubilatoire de l’année!

De l’illusion à la désillusion

Si tous les ingrédients sont là, la sauce ne prend pourtant vraiment pas. Il manque une flopée de petits quelques chose qui font toute la différence. Tout d’abord, le style… et quel style ! Il ne faut pas une imagination débordante pour se laisser embarquer dans l’histoire, tout parfaitement cinématographique. Lire Le Livre sans nom revient pratiquement à le voir sur un écran.

Certains lecteur apprécieront probablement, personnellement je m’en suis vite lassée. Plus qu’une imagerie ambulante, c’est aussi un style d’écrire peu particulier. Une touche de vulgarité pour rappeler le père Tarantino (and co) mais sans la subtilité et la grâce des maîtres.

Côté personnages, intrigues et résolution, très franchement, il n’y a rien pour rattraper l’affaire… et je me suis foutue de l’histoire jusqu’à la toute dernière page. Ce qui est assez étonnant, c’est que malgré tout cela, Le Livre sans nom est un relativement bon page turner. Sans prendre plus que plaisir que ça à sa lecture, je l’ai quand même fini en deux ou trois jours… mais ça ne suffira pas pour que je lise la suite (oui, parce qu’évidemment, il y a des suites !) ou que je le recommande.

En bref, un roman largement dispensable à l’histoire pataude, répétitive et au style surfait. Largement dispensable.

Le Livre sans nom (Anonyme)
Juin 2011
Le livre de poche, 512 pages

note : tout pourri

2 Comments

  1. Je l’ai lu quelques temps après sa sortie. Effectivement tout le monde l’encensait déjà. Je l’ai trouvé sympa mais je n’ai pas compris le tapage non plus. Un gros WTF et du mal à rentrer dans l’écriture et pourtant je l’ai lu très vite aussi.
    J’ai la suite dans ma PAL depuis super longtemps mais je n’ai jamais trouvé l’envie de poursuivre vraiment…

  2. Ms. Goliath Author

    Je t’avoue que je suis contente de ne pas être la seule à avoir eu cette impression bizarre sur ce roman. Finalement, il faut peut être le voir comme un pilote d’une série Z… mais je n’ai pas vraiment la motivation pour lire la suite. Si jamais tu la trouves (la motivation), dis moi ce que tu en as pensé ça m’intéresse :)

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