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La propagation de plantes grasses, ou comment bouturer vos succulentes

Rien à voir avec Plant VS Zombies, et pourtant la propagation pourrait faire penser à une invasion d’aliens parasites quand on y pense. Bien loin des petits bonhommes verts, la propagation est la façon la plus simple d’obtenir une nouvelle plante à partir d’une plante « adulte ».

Quand on commence à s’intéresser aux succulentes, on attrape très vite le virus. Il y a plusieurs façon d’agrandir sa collection de plantes grasses :

  • la plus simple et la plus onéreuse – scruter les étales des fleuristes et autres pépiniéristes : on y trouve beaucoup de variétés, à des prix parfois très intéressants. Les plantes grasses poussent relativement vite pour certaines, j’ai acheté beaucoup de petites plantes qui ont déjà bien pris leurs aises. Ce sont celles-la même que je bouture.
  • la plus aléatoire : si vous cherchez des plantes pour mettre dans votre jardin ou dans des pots dehors, il y a fort à parier que vous en trouverez un certain nombre exactement au même endroit… dans la nature. Gardez l’oeil ouvert en balade, sur les murets, chez vos amis. Il faut faire attention à ne pas abîmer la plante et à prendre un petit morceau qui a déjà des racines de préférences.
  • la Do It Yourself : propager les plantes que vous avez déjà chez vous. La multiplication de succulentes est un art qui combine patience et persévérance, mais qui ne coûte presque rien et rend tellement fier !

Multiplier des succulentes à partir de feuilles

Les succulentes sont des petites plantes très résistantes… au froid et à la chaleur. Elles veulent à tout prix survivre, et c’est pour cela que leur bouturage est très facile. Il a plusieurs méthodes, selon les plantes que vous choisissez de bouturer, mais de façon générale le principe reste le même. J’ai parcouru beaucoup de sites sur le sujet, et même si mes essais ne sont pas toujours fructueux, je commence à avoir des résultats intéressants.

Pour propager mes plantes (echeverria, sedum ou encore crassula) je prélève des feuilles directement sur la plante. Toute la difficulté est de ne pas endommager la feuille (ni plante mère) pour que la coupe soit franche. Petite particularité, pour une kalanchoe, elles feront d’elles-même des rejets (boutures) avec racines sur chacune de leur feuille, il suffira de les prélever délicatement sans les casser.

Bouturer ou propager ses plantes grâce à leurs feuilles

J’ai testé de prélever les feuilles à la lame ou à la main (directement en faisant « pression » sur la feuille). Les deux ont fonctionné à un moment où à un autre.

Si vous choisissez de le faire à la lame : désinfectez-là en premier lieu et choisissez en une assez fine pour passer entre les tiges, bien tranchante et sans dents.

Si vous optez pour l’option manuelle, repérez les feuilles que vous aurez le plus de facilités à attraper sans rien endommager, et bien faire attention à ne pas les serrer trop fort entre vos doigts.

Ensuite, la manière de poursuivre votre bouturage est très simple :

  • Laissez sécher vos boutures : la partie à vif doit être bien sèche avant de commencer les choses sérieuses. Pour cela, je les mets à l’abri de la lumière directe, dans une petite coupelle par exemple.
  • Une fois les boutures sèches : préparez un « lit » de terre. Certain utilise directement un mélange pour cactées et succulentes (un mélange de terreau, terre et sable), personnellement j’ai de bon résultats avec le mélange pour cactées et succulentes mais surtout avec de la terre de jardin.
  • Astuce : il faut que l’eau puisse s’écouler de la terre quand vous arroserez vos plantes. Préférez un pot avec un ou plusieurs trous qu’un pot sans trou. Si jamais vous n’avez rien d’autre qu’un pot sans trou, mettez au fond du pot une bonne couche de drainage (billes d’argile, cailloux, …). Pour cette partie là, je recycle les emballages de traiteur, j’ai donc récupéré une large boîte en plastique que j’ai percée dans le fond et le couverte me sert soit de serre (il est transparent) soit de récupérateur d’eau en le mettant en dessous.
  • Une fois vos feuilles disposées sur le lit de terre (et espacées, puisqu’on espère bien y voir quelques racines), c’est le moment d’être très vigilant. Autant la patience est très importante, autant l’arrosage est primordiale pour propager des succulentes.

Bouturer du sedum très facilement

Comment arroser les boutures de succulentes ?

L’eau est à la fois la meilleure amie et la meilleure ennemie de vos boutures. Pas assez d’eau et elle mourrons, trop d’eau et elle pourrirons. C’est la raison pour laquelle le drainage du sol est aussi essentiel que l’arrosage parcimonieux.

J’ai testé deux techniques d’arrosage :

  • l’arrosage en vaporisant les feuilles : à l’aide d’un spray à eau, j’arrose la surface de la terre (et donc les feuilles elles-même) pour qu’elles se nourrissent de ce qu’elles ont besoin. L’avantage c’est que la terre n’est jamais gorgée d’eau et qu’on éviter les risques de pourriture. Le désavantage, c’est qu’on ne force pas les racines à aller chercher dans la terre l’eau qui leur est nécessaire.
  • l’arrosage par bassinage : cette technique consiste disposer vos pots (percés) dans une bassine ou une baignoire peu-importe, où vous aurez laissé de l’eau au préalable. Il faut donc « baigner » les fesses de vos pots dans l’eau. Cela permet à la terre d’absorber l’eau par le fond, on éviter de noyer la plante et cela incite les racines à se déployer vers le fond du pot pour atteindre la partie humide. Personnellement, c’est ma méthode préférée, mais je pense que les deux fonctionnent. Il faut rester vigilant à ce que la terre ne soit pas gorgée d’eau, et si cela arrivait, à bien laisser le pot hors de l’eau très longtemps (avec un récipient) pour qu’il rende un maximum du surplus. Quand la terre du dessus du pot commence à être légèrement humide, c’est le bon moment pour s’arrêter. NB : si vos pots sont en terre, les pots absorberont aussi de l’humidité pour la redistribuer ensuite.
  • Il y a bien une troisième méthode qui consiste à arroser les plantes par le dessus (à l’arrosoir somme toute), mais pour toute plantes en pot que ce soit (encore plus les boutures) je déconseille cette méthode qui à tendance à faire des trous sur le dessus de la terre et à noyer les plantes. Bien sûr, c’est un avis très personnel.

L’attente des racines

Ensuite, le tour est joué, il ne reste plus qu’à être patient. Je bassine une fois par semaine mes boutures (si jamais la terre est humide je saute une semaine) et le reste du temps je les laisse près d’une fenêtre à prendre la lumière (en évitant une exposition trop prolongée en soleil direct qui pourrait brûler les plantes et les boutures.

De petites racines blanches et roses vont faire leur apparition, c’est le premier signe de demie victoire. Après les racines, des feuilles pour les echeverrias par exemple, ou des tiges puis des feuilles pour les sedum. A partir de là, le plus difficile du travail est fait !

Propager ses plantes en terrarium ou à l'air libre

Terrarium ou serre de maison : qu’en penser ?

Une des autres méthodes pour faire pousser ses plantes est de les enfermer dans une serre miniature ou un terrarium. J’ai donc testé les deux méthodes en parallèle, et il n’y a pas à dire, la méthode terrarium est très efficace pour peu qu’il soit bien aéré et que le volume du dôme soit assez important pour éviter les surchauffes et le trop plein d’humidité. J’ai une bouture d’echeverria qui grandie dans mon terrarium et une autre en plein air : toutes les deux prennent bien, mais celle du terrarium a de plus larges feuilles, moins compactées que l’autre.

Mes boutures de kalanchoe ont également très bien pris dans le terrarium et sont très hautes. Pour l’instant, elles ne ressemblent vraiment à la plante mère mais elles sont encore toutes jeunes, il faut laisser le temps faire son œuvre.

A voir donc sur la durée. En revanche, pour les boutures par tige, ou pour les petites plantes (j’y avait mis une petite crassula, une hawortia et une kalanchoe), c’est vraiment génial !

En résumé, pour propager vos succulentes :

  • veiller à bien laisser sécher les boutures,
  • avoir un sol bien drainé,
  • arroser avec beaucoup de parcimonie,
  • leur offrir beaucoup de lumière mais pas trop de soleil direct,
  • être patient et ne pas désespérer si vos boutures ne prennent pas.

Il n’y a plus à hésiter, propagez !

9 Comments

  1. Ms. Goliath Author

    J’ai épluché beaucoup de blogs et de sites sur le sujet, mais je suis loin d’être une experte ! Cela dit, je trouve ça assez fascinant :)

  2. viviane

    Merci pour toutes ces explications, je comptais multiplier ma plante grasse , il ne me reste plus qu’à essayer maintenant :)

  3. cx hélène

    Bonjour, Je souhaite faire des succulentes en cadeau pour mon mariage. J’ai encore 6 mois. est ce que cela serait suffisant en temps pour avoir une succulente d’une taille suffisante en faisant du bouturage ?(c’est à dire dans un pot de 5 cm a peu près). Car je ne vois pas du tout le temps que cela prend pour pousser)

  4. Ms. Goliath Author

    Je suis loin d’être une professionnelle, mais je ne pense pas que ça soit suffisant. D’une part, le processus est assez aléatoire (la très grande majorité de mes boutures n’ont pas survécue). Même si les boutures prennent, pour avoir une bouture qui ressemble à une plante je pense que c’est trop court, il faudrait mieux partir sur des mini succulentes chez le fleuriste.

  5. Quenta

    Très sympa cet article :) Et très bien écrit :) Mais il manque juste la dernière étape … Est-ce qu’on doit rempoter une fois que les feuilles et/ou racines apparaissent ? Ou on laisse les racine aller dans la terre toutes seules ?

    On peut voir parfois que certains plantent la feuille de sedum directement dans le substrat après avoir lasissé séché quelques jours, ici on la pose seulement. Il ya une différence ?

  6. Ms. Goliath Author

    Merci pour les compliments et ton commentaire !
    Personnellement, j’ai eu de meilleurs résultat à rempotant très légèrement (sans écraser les racines) ou en plantant directement une feuille dans la terre.

    Pour les plantes qui se propagent très vite (avec des racines qui peuvent pousser sur toute la longueur de la tige), je fais comme avec les fraisiers et leurs stolons, je laisse la plante entière, je dirige une tige vers un pot « neuf » et je la laisse s’installer tranquillement avant de séparer.

    Je ne suis pas sûre que ce soit une science exacte, ça dépend énormément de l’environnement (lumière, chaleur, humidité, etc), il faut peut être tenter les deux pour voir laquelle correspond le mieux à ton environnement… et ne pas désespérer si elles ne prennent pas !

  7. Fanny Grué

    Bonjour,
    Merci pour ces conseils!
    Quand tu parles de terrarium (notamment plus efficaces pour les boutures par tige), est-ce que tu parles d’un terrarium type « mini-serre avec un dome en plastique et des petites trappes d’aération sur le dessus » ou bien un bocal large et haut sans couvercle?

    J’ai plusieurs tiges que j’aimerais propager, donc j’hésite un peu sur la meilleur manière de les propager…
    Aussi, as-tu remarqué une incidence de la température sur la prise des boutures? mieux vaut une pièce bien chauffée ou une pièce plutôt froide?

    Merci!
    Fanny

  8. Ms. Goliath Author

    Hello Fanny,

    Pour le terrarium, je parle plutôt d’un environnement clos et « vitré » effectivement avec aération. Cela permet, je pense, de conserver la chaleur et l’humidité (mais pas trop).

    Je pense que ces plantes préfèrent la chaleur (mais pas forcément de soleil direct H24), en revanche, il m’a semblé que les différences de température ne leur plaisaient pas top. Si tu as un endroit où la température ne varie pas trop, c’est mieux (loin des courants d’air et du soleil direct mais très lumineux).

    Mes essais sont loin d’être tous concluants et parfois je ne comprends pas trop ce qui a péché ! En tout cas, bonne chance pour tes propagations :)

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