Hier soir j’ai eu une très agréable surprise, Arte diffusait Kama Sutra, une histoire d’amour (ou A Tale of Love pour la version originale), un film de Mira Nair. J’ose à peine dire un « bollywood » puisqu’il n’a vraiment de bollywood que l’origine indienne.
Mira Nair est une réalisatrice très connue notamment pour son premier film Salaam Bombay! (1988), mais aussi pour Le Mariage des moussons (2001) et Vanity Fair, la foire aux vanités (2004). Comme souvent, pour ne pas dire toujours (puisque je n’ai pas vu tous ses films), Mira Nair traite dans ses films de sujets sensibles en Inde. Dans ce film, il s’agissait donc, comme le titre le laisse penser, de la sexualité.
A noter, ce film est inspiré par une nouvelle de Wajida Tabassuh.
Kama Sutra, c’est donc l’histoire deux deux enfant Tara (Sarita Choudhuri) et Maya (Indira Varma) qui vivent dans la même maison en Inde au 16ème siècle. Tara est une petite princesse et Maya une servante. Tara envie Maya, plus douée et gracieuse qu’elle, tandis que Maya envie Tara de sa vie de princesse. La petite princesse ne manquera pas une occasion pour rappeler à Maya qu’elle n’est qu’une servante, et à force d’humiliation, la vengeance naîtra dans l’esprit de Maya.
Des années plus tard, Tara est promise au roi Raj Singh (Naveen Andrews, ceux qui pensaient que monsieur Lost n’avait rien fait avant n’ont pas regardé beaucoup de films indiens). Le soir des noces, elle se glisse dans la chambre nuptiale du roi pour se venger de Tara. Suite à cela, elle est chassée de chez elle et rencontre Jai Kumar (Ramon Tikaram) un sculpteur dont elle tombera amoureuse et apprend l’art du Kama Sutra grâce à Rasa Devi (Rekha).
Bien entendu, les aventures de Maya et Tara ne s’arrêtent pas là, mais c’est ainsi que tout commence.
En regardant ce film, on sent la « patte » de Mira Nair. C’est avez finesse et esthétisme qu’elle aborde ce sujet pourtant un peu racoleur. Ce sont de sublimes images et une histoire digne d’un Roméo et Juliette qui nous entraînent du début à la fin de cette oeuvre, qui est d’ailleurs assez courte pour un film indien (1h50 il me semble).
Un petit regret cependant (et c’est assez rare sur Arte), le film a été diffusé en français et non en VOSTF comme je l’aurais souhaité. Mais bon, si ça peut convaincre certains réticents à regarder des films indiens… Mais je doute !
En bref : un film qui aborde un sujet par forcément évident (la sexualité et surtout celle de la femme) mais qui le traite bien. Indira Varma est tout simplement sublime et interprète son personnage avec beaucoup de conviction. Pour ceux qui n’oseraient pas, il faut passer outre le titre et le sujet (bon d’accord il y a quelques scènes dénudées, mais vraiment pas de quoi tomber dans l’obscène) car c’est un assez bon film. Il ne vaut certainement pas Salaam Bombay! mais il n’est pas si mal que ça. 7/10.
Images : (1) Affiche du film (2) Indira Varma (Maya) (3) Ramon Tikaram & Indira Varma



24/08/2009 at 21 h 52 min Permalink
Les grands esprits se rencontrent! En voilà encore la preuve! Maya m’a semblé quand même plus forte et plus libre que Juliette puisqu’elle continue à vivre…, non?
24/08/2009 at 21 h 59 min Permalink
Cess > La comparaison s’arrêtait à l’histoire d’amour impossible entre Maya et Jai, autrement ce n’est pas vraiment comparable ! Et puis, concernant la fin du film, je ne suis pas persuadée qu’on puisse dire qu’elle vive. Elle disparaît dans la poussière de la route en marchand vers un endroit inconnu et très lumineux (blanc cassé du moins), ça reste assez imagé mais pour moi elle meurt.
25/08/2009 at 11 h 45 min Permalink
Ah ouais c’est une façon de voir… En même temps si c’est un conte, on y voit ce qu’on veut, c’est toute la richesse du schmilblick.
26/08/2009 at 10 h 56 min Permalink
Je crois qu’il y a eu une inversion des noms des deux filles au début, ou alors c’est moi qui ai du mal ce matin XD
26/08/2009 at 18 h 40 min Permalink
Sansouig > En effet… bien vu oeil de lynx !! Merci
(quelle idée aussi de les appeler presque pareil, ça n’aide pas !)