La Bouquinerie

Roman – Cinder, Les Chroniques Lunaires, tome 1

Cinder, le diminutif de Cinderella (Cendrillon pour les anglo-saxons), vogue sur le flot de la littérature jeunesse/ado en revissant le conte de Cendrillon. Le pitch, Cinder est mécanicienne et vie chez sa belle mère avec ses deux demi-soeurs. L’homme le plus convoité du pays n’est autre que le Prince Kai qui s’apprête à donner son bal annuel où, peut-être, il rencontrera la femme de sa vie. Jusque là, on est relativement kifkif avec l’histoire de Cendrillon.

Cendrillon revisité à la sauce ado

Pimentons donc l’histoire avec quelques intrigues supplémentaires. Pour tout vous dire, Cendrillon a pris un petit coup de jeune et se retrouve plongé dans un monde bien différent du nôtre. Dans la Nouvelle-Pékin, l’humains et l’humanoïdes foulent les mêmes pavés. N’allons pas jusqu’à dire qu’ils s’entendent, loin de là. Il ne fait pas bon d’être un cylon (pardon, un robot).

Ajoutons une pincée virale d’une maladie inconnue qui décime la population plus vite qu’on ne peut espérer trouver un remède. Cette peste semble semble impossible a endiguer et doit bien faire rire les lunaires. Ah oui, j’oubliais, vous ne pensiez bien que « Les Chroniques Lunaires » avaient les yeux rivés vers le ciel, n’est-ce pas ?

Lina Cinder Chroniques lunaires fanartChroniques lunaires d’une cyborg à New Pékin

Les Lunaires sont redoutés à Nouvelle-Pékin, et il y a de quoi. Très honnêtement leur portrait n’est pas très alléchant et il se pourrait bien qu’ils ne souhaitent que la destruction du monde humain.

Contrairement aux humains, les lunaires ont des habilités (ou pouvoirs) qui pourraient bien donner un tournant intéressant à l’histoire.

En bref donc, l’intrigue se résume à : un peu de Cendrillon, une cuillère de Grimm, un pincée de I Robot, un chouilla de Walking Dead et une once de Mars Attack (l’excellence en moins pour certaines de ces références).

Cinder, un avis en demi teinte

J’ai lu Cinder dans le cadre de 1 mois = consigne (hélé, jusque là, je suis mon programme : happy happy happy). Il fallait lire un roman jeunesse, ok c’est un roman ado, mais bon, je suppose que ça fonctionne quand même.

J’étais un peu intriguée par cette réécriture (ou plutôt adaptation) futuriste et SF du conte de Cendrillon par Marissa Meyer. Quelque part, c’est un peu culotté de se réapproprier  probablement l’un des contes les plus populaires d’occident.

Je ne dirais pas que j’ai été happée par ce roman, il se lit très bien et très vite (c’est un peu le but de la littérature ado, non ?). J’y ai trouvé de bonnes idées mais malheureusement toutes courues d’avance. C’est sûrement ma critique principale : je n’ai eu aucune surprise pendant la lecture, tout ce à quoi je m’attendais est arrivé… et c’est bien dommage.

Cela dit, je suis quand même curieuse de lire la suite (probablement sur la plage cet été) sans pour autant en avoir gardé un souvenir mémorable (contrairement à la Passe Miroir qui pour moi a été ma meilleure découverte de ces derniers mois en jeunesse/ado).

Note : ça pourrait être mieux

Fanart Cinder : (c) http://lunarchronicles.wikia.com/

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Roman – Les disparus du Clairedelune (La Passe-miroir, tome 2)

J’ai découvert les aventures de la Passe-Miroir grâce au Challenge 1 mois = 1 consigne. Il fallait choisir pour Janvier un roman en relation avec l’hiver. Les Fiancés de l’hiver se prêtaient donc parfaitement à cette consigne !

J’avais beaucoup aimé le tome 1 (ma critique des Fiancés de l’hiver), et le tome 2 ne m’a pas déçu ! Les aventures de notre chère Ophélie continuent dans ce monde loufoque, et il semblerait bien que quelques membres de la société se volatilisent sans crier gare. Dans le même temps, Ophélie est promue Vice-conteuse à la cour pour distraire le grand Farouk.

C’est avec un plaisir non dissimulé qu’on retrouve nos personnages favoris et bien d’autres, toujours plus hauts en couleurs. Le monde déjà bien farfelu de la Passe-Miroir ne fait que s’épaissir et se complexifier. Les trahisons et les coups bas sont monnaie courante, mais notre héroïne n’a pas dit son dernier mot. Mine de rien, la douce et soit disant fragile Ophélie s’adapte plutôt bien dans cette cour des mirages.

Christelle Dabos nous offre un second tome à la hauteur de nos espérances. Des intrigues bien ficelées et rondement menées, si bien que les pages du livre filent à vitesse grand V et que ce roman se dévore en en rien de temps.

Alors pour être honnête, le plus difficile dans cette histoire ça va être d’attendre patiemment le tome 3… qui est en cours d’écriture. J’ai une confiance absolue en Christelle Dabos qui, je suis sûre, prendra tout le temps nécessaire pour terminer les aventures d’Ophélie en beauté.

Et qui sait… peut être que le troisième tome ne sera pas le dernier. Très honnêtement, le monde est tellement vaste qu’il serait tout à fait possible d’imaginer un tas d’histoires dans un contexte similaire sans forcément se focaliser sur Ophélie. On peut rêver, non ?

 

Les Disparus du Clairdelune, ma note

Note : trop de la balle

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Into the Wild, John Krakauer

Depuis que j’ai vu le magnifique film de Sean Penn en 2007, j’ai toujours été très curieuse du roman qui avait servi de base à l’adaptation cinématographique de cette histoire vraie. Je ne sais pas pourquoi j’ai attendu aussi longtemps, mais le challenge 1 mois = consigne à raviver ma curiosité.

Pour le mois de Mars, il fallait choisir un livre à la couverture « printanière », végétale et un peu bucolique quelque part. Into the Wild (Voyage au bout de la solitude) m’a semblé un choix parfait en ode à la nature et voyage initiatique.

Christopher McCandless, Into The Wild

Christopher McCandless, devant le bus abandonné, Alaska.

En 1990, Chris McCandless obtient son diplôme et quitte tout, sa famille, sa ville, ses repères à destination de l’inconnu et surtout de la nature. Il fait don de toutes ses économies et sillonne une partie des Etats-Unis au volant de sa voiture avec pour objectif : l’Alaska. Deux années plus tard, son corps est retrouvé dans les vestiges d’un autobus qui lui a servi de refuge, au pied du mont Mc Kinley.

Ayant vu le film avant de lire le livre, j’avais pour idée que John Krakauer avait romancé la vie de Chris McCandless. En vérité, il s’agit plutôt d’un reportage que d’un roman, quand bien même il semble impossible de savoir réellement les motivations de Chris McCandless.

John Krakauer fait donc un récit précis du voyage de Chris, de ses arrêts dans des villes, des personnes qui l’ont connues et aussi des réactions de lecteurs – plus que virulentes à l’époque –  du premier article publié sur l’histoire de cet aventurier atypique qui semble avoir voulu aller au bout de ses rêves, de ses idéaux et convictions.

Into The Wild, Emile Hirsh

Emile Hirsh tenant le rôle de Chris McCandless dans le film Into The Wild

Certainement moins poignant que le film, car beaucoup moins personnifié, le « roman » de John Krakauer n’en est pas moins un très beau témoignage de cette vie hors du commun qu’à vécu Chris McCandless, et de l’empreinte qu’il laisse derrière lui.

On en ressort avec un sentiment mitigé, d’injustice d’une mort prématurée et la fascination de ce personnage de Alexander Supertramp (l’alias de Chris McCandless pendant son périple) pétri de courage et de soif d’aventure.

Une lecture qui ne laisse pas indifférent.

Note : tip top

 

Mes lectures précédentes du challenge 1 mois = 1 consigne :

Février : Phobos 2
Janvier : Les Fiancés de l’hiver

 

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Once upon a book – une box livresque

Pour mon anniversaire, j’ai été super gâtée et mon amie de (presque) toujours Ahez m’a offert une box livres, en gros d’autres surprises dans la surprise (un grand merci à toi ma poule) ! Il s’agit de la discrète box « Once Upon a Book« .

De ce que j’en ai compris, puisque c’est un cadeau, Ahez a dû remplir un certain nombre de questions qui ont permis la sélection des livres reçus. Une chose est sûre, Ahez me connait bien et le formulaire à donné un joli résultat !

Once Upon A Book : avis box livres

Dans un joli paquet tout bien fait j’ai donc reçu :

  • Le Marchand de Venise, de William Shakespeare,
  • Gatsby Le Magnifique, de F. Scott Fitzgerald,
  • Folle histoire, Les Aristos du crime, de Bruno Fuligni et Daniel Casanave,
  • Mon carnet d’enquêtes. Crimes passionnels, de Stéphanie Bouvet,
  • des gourmandises qui n’ont pas fait long feu,
  • du thé.

Très bonnes surprises pour moi. Dans le lots, deux classiques… que je n’avais pas lus. Ouf. J’adore Shakespeare et même si je suis encore loin d’avoir lu toute son oeuvre, j’en ai quand même dévoré une bonne partie… mais pas ses comédies.

Pour Gatsby Le Magnifique, après avoir vu le récent film d’un de mes réalisateur chouchou, Baz Lurhmann, il faisait partie des livres « à  lire un jour ». Comme quoi, le hasard fait bien les choses !

Test Once Upon A Book : Crimes Passionnels

Pour les deux autres livres, il ne s’agit pas de romans et je dois avouer qu’ils m’étaient totalement inconnus. Les Aristos du crime est un recueil d’histoires vraies sur les grands sanguinaires à travers les siècles, ceux qui se pensaient au delà des lois. Vlad Tepes (plus connu sous le nom de Dracula), Elizabeth Bathory, Gilles de Rais et bien d’autres.

Mon Carnet d’enquêtes lui, est  un livre plus participatif. Plusieurs enquêtes sont exposées : contextes, indices et surtout suspects. A nous de faire les bons croisements de preuves pour savoir qui à vraiment fait le coup. Original et pas toujours évident !

En bref, une box qui m’a particulièrement séduite. Et comme d’habitude l’aspect mystérieux du colis (ça fonctionne pour toutes les box) à un petit goût de Noël avant l’heure.

 

La Bouquinerie

Phobos2 se brûle les ailes

Phobos 2 c’est très logiquement la suite de Phobos (tout court), un roman de science fiction pour adolescents (ou jeunes adultes) de Victor Dixen.

Le premier tome m’avait laissé une impression en double teinte : une thématique accrocheuse, de bonnes idées, mais un traitement qui laisse très souvent le lecteur sur sa faim avec une panoplie de personnages très faibles en couleurs. Dans mon challenge lecture 1 mois = 1 consigne, j’avais donc mis pour février (mois de l’amûr) ce deuxième tome de la série.

Attention, spoilers.

Rattrapage et spoilers du tome 1

Phobos 2, c’est donc la suite directe des aventures du premier tome. 12 jeunes sont bazardés dans l’espace pour rejoindre et coloniser l’une des lunes de Mars, Phobos. Ils ont le trajet Terre-Phobos en TGV fusée pour trouver l’amour (chaque fille pour un garçon, bien entendu) et être fin prêts à peupler l’erzat de planète rouge. Le tout, sous les yeux du monde entier, en direct 24H/24H. Ils font rêver les terriens alors qu’ils s’apprêtent à vivre leur pire cauchemar.

A peine ont-ils Phobos en ligne de mire qu’ils comprennent leur condition de vulgaires cobayes. Tout n’est pas si rose sur la planète rouge, les cafards et les rats n’y ont pas survécus, et il n’était pas prévu que les colons y fassent long feu. Une fois les milliards de dollars engrangés par le programme Genesis et leur némésis Serena, les aventuriers de la planète perdue ne sont plus d’aucune utilité.

 

Le descente aux enfers du tome 2

Autant le tome 1 laissait entrevoir beaucoup de possibilités – et donc d’espoirs pour la suite – autant le tome 2 s’acharne à tout piétiner. C’est bien dommage. Alors non, les personnages ne sont pas plus creusés, les approximations du premier se transforment en rafale d’incohérences et on avance carrément au point de patinage.

Pour être parfaitement honnête, je suis très certainement une mauvaise cible pour cette lecture, mais il y a quand même des choses qui ne me semble pas pardonnables.

Les incohénrences, il y en a un paquet dont la plus grosse est très certainement le retournement de situation final. Même si j’ai distillé ici et là des spoilers sur l’histoire, je n’irais pas jusqu’à en dévoiler la fin. Mais tout de même, je suppose qu’il y a bien d’autres lecteurs qui sont restés perplexes sur le What The Fuck final.

Pire encore que la toute fin, il y a tout le déroulement et surtout, surtout, les personnages. Au bout du deuxième roman, je n’en peux plus de ses 12 ados qui sont aussi irréels que peuvent l’être des personnages fantasmés dignes de Barbara Cartland.

Rappelons une chose : tous ces ados en orbites ont été choisis parce qu’ils étaient de rebus de la société. Leur quotidien, c’est les favelas et les usines de pâté pour chien, abandonné dans des poubelles ou livrés à la rue depuis toujours. Bref, le petit wesh au coin de votre rue c’est le Bachelor en comparaison.

Phobos oublie de garder les pieds sur Terre

Alors excusez-moi du peu mais, ok.

Admettons qu’ils soient tous canons, que leurs dents ne soient pas pourries jusqu’à la gencive, qu’ils n’aient pas une gueule cassée ou les paroies nasales défoncées par la drogue.

Admettons qu’ils soient “classe mannequin”, parce qu’après tout ça serait « potentiellement possible » que mère nature ai eu pitié, et tout ça sans l’intervention de Miss Swan, et qu’ils soient tous dédiés corps et âme au programme Genesis.

Admettons qu’ils aient envie d’aller sur Mars et que s’échapper de leur condition humaine, de tout ce qu’ils connaissent et de leur repères soit aussi facile que de participer à une télé réalité pour trouver l’amour le vrai, l’unique (arc qui est un autre grand problème de ce roman).

En revanche, non, je n’admet pas que des ados s’expriment comme ils le font dans ce livre. Jamais, pas un jour, je n’ai entendu quelqu’un parler comme ça. Ils viennent de la rue, ce n’est pas 1 an de formation qui va leur permettre de renier tout ce qu’ils ont été pendant 18 ans.

Non seulement devraient être bien plus proches des enfants bâtards de Paye ta Schneck et des Boloss des Belles Lettres que d’un Rimbaud de pacotille philosophe de cuisine.

Phobos histoire d'amour

Mais en plus de leur verve poético-niaisarde ils sont tous les 12 (car il n’y a pas de remplaçants de prévus… Je suis sûre que même Motus dispose d’un plan B si mamy se foule la cheville) aptes à apprendre en 365 jours :

  • un métier “finger in da nose” de type, conduire une navette spatiale de la Terre à Mars (Phobos) où ils devront se poser de manière totalement autonome. Alors pour ajouter au ridicule de la situation, il y a un pilote fille et un pilote garçon… mais chacun à sa navette ! Alors deux pilotes juniors chacun de son côté c’est vachement intelligent plutôt que de combiner les forces.
  • un métier essentiel à la survie de l’espèce, médecin. Chez nous, on fait 8 ans d’études minimum pour soigner des rhumes, sur Phobos, en un an tu seras médecin, chirurgien et vétérinaire (on oublie pas qu’ils ont deux chiens, il faudra bien que quelqu’un les soigne)
  • les rudiments de l’espace : rien que ça. Vivre sur une lune de Mars ce n’est quand même pas comme vivre sur Terre, et déjà je ne suis pas persuadée qu’en otarcie terrienne ces 12 gamins soient capables de survivre bien longtemps. Sachant qu’ils n’ont même pas eu Matt Damon comme prof ! Et là, je ne parle que de la survie.

Avec trois exemples, seulement trois, on a déjà un petit aperçu de la situation. Alors oui, c’est romanesque… dans le mauvais sens du terme.

 

Les histoires d’amour finissent mal… en général !

Et je ne me suis pas encore attaqué au problème de base, la pierre angulaire de tout le roman. L’Amour. Cela avec un grand A. Alors oui, il faut aller chercher la midinette avec des histoires d’amour improbables (quand bien même je ne suis pas convaincu de ça, mais bon). Il y a une limite.

Dans le monde réel, il ne faut pas avoir fait 10 ans de psycho pour savoir comment fonctionne les gens et encore plus en huis clos. Le principe du jeu est qu’il y a une fille pour une garçon. Ni plus, ni moins. Il doit y avoir 6 mariages accompagnés de 12 dotes une fois le pied posé sur Phobos.

Et personne ne se pose de questions ? Personne n’est stratégique ? Putain les mecs, si vous n’êtes pas prêts pour Koh Lanta, comment vous pourriez survivre à Mars, seriously !

Si vous étiez laissé à l’abandon sur une planète désolée, que vous deviez vous marier et utiliser l’agent de vos dotes commune pour survivre… il y a fort à parier que quelque part l’idée d’être pragmatique et calculateur frôle votre esprit. Vous avez besoin de survivre, merde !

Tournez ménages de l’espace

Phobos tome 2 victor dixenLe plus important, c’est qu’en plus vous n’avez que 6 choix pour trouver le parfait amour et que ça soit réciproque. Devinez quoi ? Tous ont trouvés chaussures à leurs pieds. Même dans Cendrillon, il a fallu au prince tripoter des dizaines de doigts de pieds pour trouver la perle rare !

Cerise sur le gâteau, tous sont heureux en ménage (même si parfois jaloux), la bonne affaire ! Ca aurait beaucoup plus intéressant d’avoir des personnages déçus, intéressés et oui… calculateurs, qui choisissent par dépit, ou par raison en optant pour le moindre des maux.

Soyons fous, pourquoi pas tout simplement refuser de se marier après n’avoir parler en tout et pour tout que quelques minutes avec votre « promis ». Mais non, on est dans le meilleur des contes de fées.

Je pourrais en dire bien plus, mais je vais m’arrêter la pour ma diatribe de Phobos 2.

Non je n’ai pas aimé, et encore plus je pense que ce roman a été totalement gâché. Ca aurait pu être un bon roman jeunesse (même s’il avait tourné autour d’histoires d’amours peu plausibles) car il y a des idées intéressantes mais qui ne sont malheureusement pas exploitées ou alors complètement laminées.

Un ratage interplanétaire.

 

Phobos 2, ma note

note : tout pourri