La Bouquinerie

Agatha Raisin ou la quiche fatale

Vous avez haï les épinards toute votre vie… et c’était avant de lire qu’ils pouvaient tuer ! Agatha Raisin (à ne pas confondre avec Agatha Christie) en sait quelque chose. La voilà qui décide de se retirer de la grande vide londonienne pour profiter de son temps libre dans un petit patelin reculé, en plein milieu de la campagne.

Agatha Raisin aurait pu aussi bien s’appeler Barnaby alors qu’elle emménage dans son cottage de luxe, dans un village des Costwolds où tout le monde se connait et où l’on célèbre à peu près n’importe quoi… jusqu’au concours de quiche de la ville de Carsely. Auquel elle triche sans vergogne, pensant qu’une victoire lui assurerait la populaire champêtre dont elle rêve. Malheureusement… le juge qui a goûté sa quiche ne s’en remettra pas.

Agatha Raisin ou un polar sans grande tension

Agatha Raisin enquête : La quiche fatale est le premier tome d’une longue série de M.C. Beaton (ou Marion Chesney). D’après quelques recherches sur internet, en anglais déjà une bonne vingtaine de tomes sont parus alors que nous en connaissons pour l’instant 4 en français.

Cela explique sûrement le sentiment que j’ai eu en lisant ce premier tome des aventures d’Agatha Raisin… une intrigue un peu planplan. Et pourtant, j’ai beaucoup aimé lire ce roman. Si vous cherchez une enquête menée à bâtons rompus, où le lecteur est bringuebalé de suppositions en soupçons, passez votre chemin. Clairement ici, ce n’est pas tant la résolution de l’enquête (qui est assez évidente) que l’installation des personnages qui compte.

Lecture Agatha Raisin enquête

Un roman séduisant mais pas épatant

J’ai pris plaisir à suivre les pérégrinations d’Agatha Raisin, de ses nouveaux acolytes et de ses anciennes accointances, en pleine enquête officieuse d’une quinqua qui s’ennuie à mourir dans sa nouvelle vie. Finalement, cette mort subite serait presque une bénédiction pour elle… si elle était pas devenue suspecte aux yeux de la police puis des habitants.

Cette introduction aux enquêtes d’Agatha est une bonne mise en bouche pour une série qui a su trouver ses fans, à en juger par les notes sur Goodreads des plus de 20 tomes disponibles (environ 4 étoiles sur 5). Même si la Quiche fatale a été sans surprise pour moi, j’ai beaucoup aimé l’ambiance, l’humour et les personnages. C’est un roman qui donne envie de se pelotonner sous un plaid, dans un cottage devant une cheminée, en plein hiver dans les Costwolds.

A bientôt pour de nouvelles aventures avec Agatha Raisin enquête : Remède de cheval… et qui sait, peut être que nous aurons un jour le droit de voir sur nos écrans Agatha Raisin, la série télé britannique !

Note : tip top

Agatha Raisin enquête. La quiche Fatale, M.C. Beaton
Editions Albin Michel
324 pages
Date de sortie : juin 2016

La Bouquinerie

Ilium, l’Iliade sur Mars par Dan Simmons

Mars peuplé des dieux de l’Iliade. Une pincée de Shakespeare et de Proust. Une guerre qui fait rage et des êtres extra-terrestres. Il n’y a bien que Dan Simmons pour s’attaquer à un tel monument et oser en faire un roman de science-fiction.

Dan Simmons est un auteur assez prolifique et multi-facette. Polar, fantastique, science-fiction, Dan Simmons sait s’adonner à presque n’importe quel style avec brio et intelligence. Je l’ai découvert avec Nuit d’été puis L’Echiquier du Mal, mais il est aussi reconnu pour sa série SF Hypérion dont Ilium (et Olympos, la suite) est un digne héritier.

 

La guerre de Troie en direct de Mars

Les dieux de l’Olympe vivent sur Mars et se déplacent librement dans le temps et l’espace grâce à leurs pouvoirs quantiques. Leur plus grand plaisir, c’est la guerre de Troie. Pour y mettre un peu plus de piment, ils envoient des érudits terriens modifier les événements à leur gré, en gardant toutefois le récit d’Homère comme référence. Mais en orbite autour de Mars, de petits observateurs surveillent les jeux divins…

S’attaquer à Ilium, c’est se confronter à un sacré pavé de pages. Il y en a que ça peut effrayer, et je les comprends, surtout que pour le coup, Ilium n’est pas des livres les plus faciles d’accès qui existent. L’auteur ne nous donne aucune bride d’information et nous lance directement en plein milieu d’une histoire complexe où nombre de personnages se donnent la réplique.

Je mentirais si je disais que j’ai été happée par ce roman. Pour autant, j’en suis venue à bout avec un plaisir mêlé de soulagement. A force d’avaler des pages et d’empiler les intrigues, on en vient à se demander quoi faire de ce sac de noeuds où l’on se perd un peu. Puis petit à petit, on glane des fragments de réponses et les choses s’éclaircissent.

 

Ilium, un pavé mythique de SF

Ilium est pour moi, ce type de roman où l’on sent l’empreinte du maître de l’écriture qu’est Dan Simmons, on peut palper du doigt tout le travail et l’imagination qui se cache derrière chaque scène. Pour autant, je ne me suis pas éclatée à le lire, ça m’a demandé de m’accrocher et parfois de me forcer un peu.

Depuis, j’ai Olympos (la suite) qui attend sur mon étagère et j’ai du mal à me résoudre à le commencer. Les trajets métro-boulot ne suffiront pas à me faire entrer dans l’histoire (sans compter qu’il faudrait presque un sac à main pour lui tout seul !).

En bref, un roman qui plaira aux fans de SF et de Dan Simmons. Les férus de mythologie y trouveront aussi certainement leur compte. C’est une critique en demi-teinte pour moi, car j’aurais aimé plus apprécier cette oeuvre que je ne l’ai fait. J’ai beau lui trouver beaucoup de qualités, j’ai quand même trouvé qu’il était assez difficile d’accès.

Ceci étant dit, je ne suis pas une grande lectrice de pure SF et c’est peut être aussi cela qui joue.

Ilium, Dan Simmons
Septembre 2007
Edition Pocket, 896 pages

Note : tip top

La Bouquinerie

Le livre sans nom, du mauvais Tarantino en roman

Les aventures de Bourbon Kid au pays des frères Winchester

Si je me suis décidée à acheter Le Livre sans nom, c’est bien à cause de sa réputation. On m’avait vanté ses mérites, ses travers tarantinesques et son originalité romanesque. Malheureusement, je n’y ai pas trouvé grand chose de tout cela. Pourtant, le mystère qui entoure(ait) ce roman lui conférait d’avance une aura toute particulière.

Son titre « Le Livre sans nom » mais surtout son auteur inconnu et anonyme fait le gros du boulot marketing. Ajoutons une pincette de loufoque, de science-fiction, de fantastique et quelques références de la pop culture pour amadouer le lecteur et l’affaire est dans le sac.

Santa Mondega, une ville d’Amérique du Sud oubliée du reste du monde, où sommeillent de terribles secrets… _ Un mystérieux tueur en série, qui assassine ceux qui ont eu la malchance de lire un énigmatique « livre sans nom »… _ La seule victime encore vivante du tueur, qui, après cinq ans de coma, se réveille, amnésique… Deux flics très spéciaux, un tueur à gages sosie d’Elvis Presley, des barons du crime, des moines férus d’arts martiaux, une pierre précieuse à la valeur inestimable, un massacre dans un monastère isolé, quelques clins d’œil à Seven et à The Ring… et voilà le thriller le plus rock’n’roll et le plus jubilatoire de l’année!

De l’illusion à la désillusion

Si tous les ingrédients sont là, la sauce ne prend pourtant vraiment pas. Il manque une flopée de petits quelques chose qui font toute la différence. Tout d’abord, le style… et quel style ! Il ne faut pas une imagination débordante pour se laisser embarquer dans l’histoire, tout parfaitement cinématographique. Lire Le Livre sans nom revient pratiquement à le voir sur un écran.

Certains lecteur apprécieront probablement, personnellement je m’en suis vite lassée. Plus qu’une imagerie ambulante, c’est aussi un style d’écrire peu particulier. Une touche de vulgarité pour rappeler le père Tarantino (and co) mais sans la subtilité et la grâce des maîtres.

Côté personnages, intrigues et résolution, très franchement, il n’y a rien pour rattraper l’affaire… et je me suis foutue de l’histoire jusqu’à la toute dernière page. Ce qui est assez étonnant, c’est que malgré tout cela, Le Livre sans nom est un relativement bon page turner. Sans prendre plus que plaisir que ça à sa lecture, je l’ai quand même fini en deux ou trois jours… mais ça ne suffira pas pour que je lise la suite (oui, parce qu’évidemment, il y a des suites !) ou que je le recommande.

En bref, un roman largement dispensable à l’histoire pataude, répétitive et au style surfait. Largement dispensable.

Le Livre sans nom (Anonyme)
Juin 2011
Le livre de poche, 512 pages

note : tout pourri

La Bouquinerie

L’énigme des Blancs-Manteaux, Nicolas Le Floch mène l’enquête

Long time no see… en ce moment, je n’ai pas beaucoup de temps à consacrer à mon blog que je délaisse beaucoup. Mais, on va essayer de se remettre doucement sur les rails !

Pour le challenge lecture de 1 mois = 1 consigne il fallait choisir un roman « historique » pour le mois de mai, j’ai choisi L’Enigme des Blancs-Manteaux, le premier tome des aventures de Nicolas Le Floch de Jean-François Parot.

J’avais pas mal entendu parler des romans policiers historiques de Jean-François Parot (une des mes amies est totalement fan de ses romans) et je me suis dit que c’était une bonne occasion pour tester.

Résumé de l’Enigme des Blancs-Manteaux

roman enigme blanc manteaux jean francois parotParis, janvier 1761. Nicolas Le Floch, un jeune homme natif de Guérande, débarque dans la capitale, écarté de sa Bretagne par son tuteur. Après un passage au couvent des Carmes, le jeune Le Floch va apprendre le métier de policier sous la houlette de M. de Sartine, le lieutenant général de police de Louis XV, chargé des affaires spéciales. Le Floch va devoir faire très vite ses preuves et apprendre le prix du silence et du secret. Sa première enquête criminelle va le plonger dans le monde interlope de la corruption, du jeu, des intrigues crapuleuses et d’une conspiration contre la vie du roi.

 

Mon avis sur le 1er tome des enquêtes de Nicolas Le Floch

De prime abord, je ne suis pas très attirée par les romans historiques, mais c’était l’occasion ou jamais de faire une entorse. Malheureusement, j’ai eu un avis assez mitigé sur ce roman. Je n’ai pas détesté, j’ai trouvé qu’il se lisait assez vite (380 pages) mais je n’y ai pas pris plus de plaisir que ça à le lire.

Je pense qu’il y va d’une part du style narratif qui veut nous plonger dans l’ambiance de Paris de la moitié du 18ème siècle… et ce n’est pas quelque chose qui me touche beaucoup. J’ai trouvé l’enquête un peu longuette, mais pour le premier tome d’une longue lignée, il fallait bien annoncer la couleur et mettre en place les personnages.

Je ne peux pas dire que ce roman était mauvais car ce n’est pas objectivement pas le cas, simplement, il ne m’a pas plu plus que ça. Cela dit, les fanas de romans historiques devraient vraiment y trouver leur bonheur.

En bref, une lecture agréable mais qui ne m’a pas convaincue. Je ne lirais probablement jamais la suite des enquêtes de Nicolas Le Floch, mais il fallait essayer !

Pour les amoureux du genre, en plus des romans vous pouvez paresser devant l’adaptation télévisée !

Note : ça pourrait être mieux

La Bouquinerie

Miss Peregrine et les enfants particuliers

En cours d’adaptation par Tim Burton – ce qui n’a rien de vraiment étonnant – Miss Peregrine et les enfants particuliers est un roman « illustré » de Ransom Riggs. De prime abord, l’objet est beau. La couverture est intriguante, épaisse, les pages intérieures aussi, la police d’écriture, l’interlignage et même le chapitrale, ont un petit quelque chose de particulier qui nous met tout de suite dans l’ambiance de ce roman « pas comme les autres ».

« Une histoire merveilleusement étrange, émouvante et palpitante. Un roman fantastique qui fait réfléchir sur le nazisme, la persécution des juifs, l’enfermement et l’immortalité« . C’est la promesse qui nous est offerte sur la quatrième de couverture… mais on ne peut pas dire qu’elle dévoile grand chose de l’intrigue !

Miss Peregrine roman de Ransom RiggsMiss Peregrine et les enfants particuliers conte l’histoire de Jacob dont l’enfance a été bercée par les récits fantastiques de son grand père pendant la guerre, d’une île où il aurait échappé à l’horreur en compagnie d’autres enfants « extraordinaires ». Quand il découvre une lettre signée Peregrin Faucon, Jacob décide de partir sur les traces de son grand père, pour démêler le fantasme de la réalité.

Il y a bien plus à dire sur l’histoire de Miss Peregrin et les enfants particuliers, mais je m’en voudrais de vendre la mèche sur les éléments les plus étranges de ce roman. En plus d’être un bel objet, c’est un très bon livre, que j’ai dévoré en un rien de temps. Après les premières pages, j’étais un peu sceptique, et pourtant, un petit quelque chose me donnait toujours envie de continuer. Une curiosité sur toutes les portes ouvertes que l’histoire semait.

Ransom Riggs illustre son histoire de photos originales qui lui ont été prêtées par des collecteurs. En plus de mélanger habillement la réalité de la fiction, les photos permettent aux lecteurs une vraie immersion auprès de ses enfants extraordinaires.

Je viens de recevoir le tome 2 de Miss Peregrine et les enfants extraordinaire, Hollow City, et j’ai vraiment hâte de le commencer !

Note : trop de la balle